Accueil du site > Critique
  • Cunningham Circus, bouquet final

    Après avoir pris les décisions nécessaires à sa succession et à l’avenir de la compagnie, Merce Cunningham avait précisé : « Pour finir, il y aura des spectacles à New York et le billet coûtera 10 dollars. » Il est mort peu après, le 26 juillet 2009. Deux Armory Moment unique dans l’histoire de la danse que la fin annoncée d’une compagnie ! Est bientôt choisi le lieu de cette fin – prévue pour le 31 décembre 2011. C’est l’immense Armory – cartoucherie, quartier général et mess – du 7e régiment sur Park (...)

  • Decouflé, à pied, à cheval ou en octopus

    Là où tant d’autres se contentent de peu, Philippe Decouflé vous en donne toujours pour votre argent. Ce constat peut s’appliquer à sa pièce Octopus, découverte début février dernier au Théâtre de St-Quentin-en-Yvelines, qui est à l’image du décor du regretté Jean Verbraeken (à qui les représentations étaient dédiées) : tout en finesse, en transparence, en arabesques. Le contraire d’un blockbuster scénographique. Mis à part le beau numéro aérien, un pas de deux orphique, à distance convenable et en état simulé (...)

  • Farid Berki à la recherche du paradigme perdu

    Disons tout de même un mot du troisième programme de Suresnes cités danse. Commençons par la fin. Après un opus de Monica Casadei immodestement intitulé Rigoletto, frappé non pas au coin du bon sens mais à celui du syndrome Montalvo qui consiste à plaquer une B.O. de musique classique (ici, Verdi, remixé et corrigé, monté en boucle, diffusé à fond la caisse pour éviter qu’on ait à s’interroger sur la nécessité ou l’intérêt du truc) sur une gestuelle vaguement-ci (hip), vaguement-là (hop), un agglomérat de « (...)

  • Alban Richard, le séparatiste

    Cela démarre fort. Et en même temps mollo. Tout en délicatesse, en légèreté, mezzo voce – et senza luce. Par une infinie ouverture au noir. Une lente trouée en iris. Au bout d’un certain temps, comme dirait l’autre, quelques loupiots mordorés fixés au plafonnier et commandés à distance par Valérie Sigward profilent un halo à l’intérieur duquel, toutes pupilles dilatées, le public sevré de figure ou de signe finit par distinguer quelque chose. Un spectre, en l’occurrence, puis un second. Deux corps, encore (...)

  • Nos Solitudes détaillées par Julie Nioche

    Présentée au Centre Pompidou dans le cadre du festival d’Automne, la dernière création de Julie Nioche interroge et expose nos diverses solitudes. Avec ce duo – la présence pleine du musicien Alexandre annule l’idée de solo- qui accueille corps, objets et vibrations, elle offre également une échappée aux imaginaires. La danseuse-osthéopathe a beaucoup utilisé les prothèses dans ses pièces précédentes afin de rendre sensible et d’interroger la notion d’image du corps, les lien entre moyens de représentation (...)

  • Véronique Albert, Pan vu d’avion

    Deux bonnes raisons de prendre la route en direction de l’est, tout juste après la Toussaint, et de faire une pause à Metz, métropole somme toute plus proche de nous que Deauville ou Trouville, puisqu’elle ne se trouve guère plus qu’à une heure trente de Paris en Tgv. Tout d’abord, le centre Pompidou, qui est aussi bien sinon mieux que le vrai – on ne parle pas ici, bien entendu, de l’hôpital du même nom mais du musée de Renzo Piano et Richard Rogers, revu et corrigé, en passant par la Lorraine, par le (...)

  • Philippe Quesne, Big Bang

    Qui peut le moins peut le plus, pense sans doute le minimaliste. Est-ce si sûr que ça ? Suffit-il, en effet, d’obtenir, par la ruse, à l’usure ou par tout autre stratagème ou méthode plus ou moins avouable (dossier, chantage, blackmail, etc.) les moyens (entendons par là : subventions et aides publiques) d’une superproduction, d’un blockbuster théâtral digne du Potemkine que nous vîmes, en son temps (1975, déjà ? Mazette !), dans le remake mégalo, stalinien, post-béjartien « mis en scène » par Robert (...)

  • Les Momufères

    Le salon Slick, qui s’est tenu fin octobre 2010 sur l’esplanade du palais de Tokyo à Paris, avait invité à danser le groupe féminin/féministe qu’anime, depuis un certain temps déjà (depuis mars 2010, si l’on ne m’abuse), Katia Feltrin, les Pontificall Girls, avatar des Momufères. La configuration du quatuor éphémère réuni pour cette opportune occasion était la suivante : la meneuse de revue elle-même, assistée de Christine Gasperoni, Sophie Grappin-Schmitt et Marie Juliette Verga – cette dernière est (...)

  • Tout va bien, Alain Buffard

    Alain Buffard invente une étrange résistance à l’oppression : l’émotion burlesque. Considérée comme l’une des pièces les plus audacieuses du festival Montpellier Danse 2010, Tout va bien choisit de dénoncer les rouages de la prise de pouvoir. Du corps et de la voix, les huit danseurs mettent en jeu l’aliénation domestique ou institutionnelle dans une pièce en diptyque, glaçante et drôle. A la source de ce travail, la tentation de glaner chez d’autres les mécanismes de la colère. Face à la pièce, il (...)


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