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Cosmogonie du bric-à-brac, "Pan !" de Lionel Hoche

jeudi 12 février 2009,
par Thamin Abdesselam


Des objets de consommation et du mobilier en apesanteur dans l’obscurité dessinent d’emblée l’univers cosmogonique de Lionel Hoche. Parti de la mythologie des Indiens Hopi, qui considèrent le monde comme un tout, le chorégraphe ré-enchante ces éléments voués au rebut.

"Comme si l’explosion de notre monde s’était trouvée fixée dans le temps, en suspension littéralement. On évolue dans cette parenthèse onirique, hors du temps. Cette scénographie rend possible la modulation et l’altération de la rencontre entre les corps et les objets. " explique-t-il.

Les cinq danseurs masqués, anonymes, s’intègrent avec perfection dans l’installation du plasticien Erwin Wurm. Leurs gestes évoquent un rituel rendu à ces objets, leurs mécanismes, leur fonctionnalité. Mêlés aux grincements et cliquetis de Sébastien Roux, en live sur scène, les sons de bouteilles en plastique, de bidons métalliques ou de sacs froissés évoquent une vie secrète et abyssale. Les mouvements et les transferts de poids travaillés à partir de la danse contact interagissent pour transfigurer le banal de ces choses en une poésie souvent drôle et une harmonie étonnante, mystique.

Comme inspirés par des forces invisibles, les interprètes au vocabulaire et à la technique foisonnants, sont soulevés, déposés, avec sensualité, dans une logique qui rappelle celle des bidules qui les entourent.

La naïveté de cette mise en scène évoque un primitivisme de la modernité. Ce sentiment est accentué par la mécanique des poulies et la magie des lumières qui rappellent comme le revendique le chorégraphe "l’enfance du théâtre". L’illusion est totale, la magie opère à merveille.

Fruit délicieux d’une résidence au CND, "Pan !", qui se traduit par "Tout !", réactualise avec les déchets de notre civilisation les rêves prémonitoires de celle des hopis, qui en février célébraient la danse du haricot.

Interprété par Arnaud Cabias, Max Fossatti, Cyril Geeroms, Xavier Kim, Shlomi Tuizer et Sébastien Roux
Décor : Erwin Wurm
Musique : Sébastien Roux
Lumière : Laurent Schneegans

Extraits :


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