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À l’étage, dans une étroite salle sombre regroupant les tableaux de la période de l’hiver 1911-1912, consacrée à la vie nocturne berlinoise, le visiteur peut découvrir Les danseuses aux bougies (Kerzentänzerinnen), huile sur toile peinte en 1912. Les couleurs sont répandues, abondamment et sans ordre apparent. Les rouge, orange et rose dominent. Le mouvement surgit de la toile. Tout bouge ; le fond rouge orangé, les corps roses, les flammes des bougies, les jupes à traits bleus. Les deux ménades aux seins nus donnent à voir un mouvement de grande ampleur, extatique, si bien que les deux figures semblent animées par le mouvement lui-même. Le mouvement en tant que libérateur d’énergie, d’expression intérieure. Les deux danseuses couvrent toute la hauteur du tableau et ne se détachent pas du fond. Il n’y a pas d’arrière plan. Le mouvement part des corps et envahit l’espace, la surface de la toile. L’expression du mouvement. Le mouvement exprimé. On rejoint la Ausdruckstanz, la danse d’expression, celle de la nécessité intérieure élaborée par la danseuse-chorégraphe allemande, Mary Wigman, avec qui le peintre a d’ailleurs correspondu dès 1911.
Emil Nolde au Grand Palais jusqu’au 19 janvier 2009.