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Flamenco de chambre

samedi 13 août 2011,
par Nicolas Villodre


Le petit théâtre madrilène du Pradillo, officiellement reconnu en 2010 par l’Association culturelle de la danse pour sa programmation en contemporain, a proposé un “autre regard” sur l’art andalou à l’occasion du festival estival Veranos de la Villa 2011.

Nous avons eu le plaisir d’y découvrir deux œuvres nouvelles créées par de jeunes compagnies travaillant ou évoluant en Espagne, Danzarte et la formation du chorégraphe d’origine brésilienne, Stefano Dormit - d’après le critique de danse Roger Salas, la pièce de Guadalupe Torres valait aussi le déplacement. Qui plus est dans une ambiance chaleureuse – dans tous les sens du terme : une panne de climatisation, les premiers jours, poussa les organisateurs a offrir des éventails ornés de motifs folkloriques (tauromachiques), sans doute made in China, à des spectateurs compréhensifs qui en ont vu d’autres, arrivés en assez grand nombre du côté du parc Berlin et exigea des danseurs une dépense d’énergie supplémentaire. 

L’accueil au Pradillo est de toute facon sympathique et le public, averti, cordial et branché, rappelant celui du théâtre de la Bastille à ses débuts ou celui de Vanves de nos jours, se regroupe autour du bar concédé à une jeune affranchie sûre de son fait et de son look, dessoiffant qui veut à coups de tercios de Mahou, de mojitos aux fruits et de Cuba libres (85e anniversaire de Fidel exige) diffusant sur un iPod amplifié sa playlist personnelle à base de tunes de Radio Tarifa, Falsa Monea et Almazen 33.

La compagnie Danzarte animée par Natalia Ferrándiz et Bruno Argenta, renforcée pour l’occasion par les danseuses Rosa Zaragoza, Nella González et Silvia Rincon, a produit un excellent spectacle intitulé Otros Perfiles (D’autres profils) qui se présente sous la forme d’un collage et qui suit, plus ou moins à la lettre, les compositions musicales de l’ancêtre de Cécilia (= Albéniz), de Riqueni, Sarasate, Grieg ainsi que de Leon et Solan, sans oublier des textes poétiques de Caballero Bonald dits par Marina Claudio, diffusés (malheureusement, pour des raisons pratiques et/ou économiques) en playback.

Le show est plus que convaincant, parfaitement au point, bellement exécuté par des artistes talentueux. On est ici non pas dans un flamenco pur et dur mais plutôt dans le domaine de la danse espagnole autrefois balisé par La Argentina et Vicente Escudero. 

Les magnifiques costumes ont été dessinés par Eva Pedraza. Le soir de notre venue, Bruno Argenta nous a régalé de son efficace zapateado et d’une série de contrepoints aux castagnettes – instrument qui se fait rare de nos jours, surtout chez les hommes, dont le danseur de jota, Miguel Ángel Berna, est actuellement le plus grand virtuose.

Silvia et sa camarade, la brune piquante et pimpante au beau profil aquilin ont produit de gracieuses routines empreintes de cette majestueuse gestuelle bolera. Ce dans un style subtil frôlant le sublime.


P.-S.

Photo : Nicolas Villodre

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