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Le hip-hop en France, c’est surtout Kader Attou et Mourad Merzouki, tous deux directeurs de Centres chorégraphiques nationaux – La Rochelle pour le premier et Créteil pour le second –, mais c’est aussi une pluralité d’esthétiques.
Art de la rue, institutionnalisé : ce fait n’est pas nouveau. Mais sur une grande scène telle que Chaillot, donner pendant une quinzaine de jours la place au hip-hop, c’est peu commun. Prévisible, mais peu commun. Ce temps fort permet de voir deux créations et un ensemble de pièces récentes (toutes datant majoritairement de 2009 ou 2010) et de découvrir différents talents d’auteurs. Alors que chez R.A.F. Crew et Wanted Posse qui sont des groupes alliant le krump, le break et le poping ou développant l’univers des mangas et du cinéma d’action, façon kung fu, on aime les compétitions et les battles, chez Delphine Caron et Bouba Landrille Tchouda, c’est la force chorégraphique d’une seule personne qui prime. Air Pose (2009) de Delphine Caron s’attache au contraste entre mouvements d’une extrême lenteur ou au contraire d’une rapidité déployée à son maximum. Dans sa création pour Chaillot, Bouba Landrille Tchouda propose Murmures, pièce qui est née après les interventions du danseur-chorégraphe dans les prisons et qui traite du thème de la libération par le corps, par la danse. Ainsi, pendant cette quinzaine, les collectifs se confrontent à la singularité d’un travail et inversement.
Institutionnalisation oblige, l’événement ne se fera pas sans Kader Attou qui présente Symfonia piesni zalósnych (Montpellier danse, 2010) autour de la musique de Górecki, ni sans Mourad Merzouki qui vient avec Boxe Boxe (Biennale de Lyon, 2010), sa dernière pièce.
Les 10 ans de hip-hop à Chaillot, du 30 octobre au 13 novembre 2010.
Tél. : 01 53 65 30 00.
Photo © M. Cavalca