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Journée de l’édition en danse

dimanche 12 décembre 2010,
par Nicolas Villodre


Micadanses organisait, en collaboration avec le Centre de développement chorégraphique et/ou Biennale du Val-de-Marne, pour la troisième année consécutive, la Journée de l’édition en danse, le deuxième samedi de décembre 2010, dans ses locaux historiques de la rue Geoffroy-L’Asnier – ceux de l’ex-TCD, autrement dit : du Théâtre contemporain de la danse dont le CND est un avatar, certes, moins excentrique, mais plus… excentré. Presque tout le milieu de la danse en France (et une partie de la belge) avait fait le déplacement, qui à pied, qui à cheval-vapeur, qui en omnibus 96, des inspecteurs du ministère de la Culture aux critiques, en passant par les chorégraphes et les danseurs.

Emerentienne Dubourg avait bien orchestré les choses, comme à son habitude, empruntant du mobilier au lycée Charlemagne, distribuant et disposant au mieux les exposants dans les espaces du sous-sol, accueillant gracieusement visiteurs et chalands passant par là, bref, animant gentiment ce long après-midi hivernal.

Pour ceux qui ne supportent pas le silence (phobie fort répandue à l’ère des walkmen, des balladurs, des haïs podes qui vous changent en gastéropodes), un certain nombre de prises de parole avaient été programmées par l’hôte de ce lieu. Des débats, ébats et plus, si affinités, sur des thèmes faisant le tour du propriétaire et de la question de l’édition (de l’après-guerre à nos jours, ainsi que le résuma Laurent Sebillotte) : des aides du CNL (centre créé, précisément, à la Libération), de l’édition virtuelle (livre électronique, sites, blogs, dialogues et autres fessesbooks), de l’usage (ou non !) du texte par les chorégraphes contemporains, des projets réalisés, en cours et à venir.

Cette réunion de personnes courtoises, civiles mais finalement, vues de plus près, assez dissemblables, plus divisées qu’on ne croit, du fait de leurs opinions politiques ou simplement en raison de conceptions bien arrêtées de la danse, relevait par moments du ballet de cabotins cherchant à s’esquiver, à s’éviter, à se fuir ne serait-ce que du regard, comme celui du cocktail mondain subtilement psychanalysé (et mis en scène) par Maya Deren dans son chef d’œuvre Ritual in transfigured time, 1946.

Plus essentielle que ces signes de tragi-comédie humaine est sans doute la quantité d’ouvrages publiés cette année en dépit de la Crise, parmi lesquels : le Bagouet de la Maison d’à côté, le Café Müller de l’Arche, le Carolyn Carlson d’Actes Sud, le Chopinot d’Annie Suquet, le Contredanse de cette saison, le Diverrès d’Irène Filiberti, la Diversité des appuis dans la danse contemporaine : de la 8e vertèbre thoracique au thymus de Recherche en mouvement, le Lindy hop et la balboa de Passeport Danse, le Malkovsky de l’Association Mouvement-musique, le Michelle Nadal du CND, la Restitution et création dans la remise en spectacle des œuvres des XVIIe et XVIIIe siècles de l’A.C.R.A.S, le Théophile Gautier et la danse d’Honoré Champion. Ainsi que deux sujets de thèse : l’un, sur la danse et la technique (Université de Nice-Antipolice), l’autre sur le marché du contemporain (E.H.E.S.S.).

Après avoir salué amis et collègues, ceux notamment de votre site préféré, nous avons repris nos cliques et nos claques. Et même un peu plus : de quoi faire quelque cadeau de Noël sans avoir besoin de se bousculer aux portillons des grands magasins.


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