lundi 23 novembre 2009,
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Présentée le 3 octobre dernier au Pôle culturel d’Alforville, « Songes », dernière création de Béatrice Massin, explore les replis les plus enfouis du baroque. Récurrent dans cet imaginaire, le songe prend ici la forme d’une perte de repères et de la notion de temps.
La croisée de la danse baroque et de la danse contemporaine revêt dans ce rêve la grammaire de l’inconscient. L’entrée se fait par une marche lente, imperceptible, sur un nuage. L’orchestre dirigé par Jean-Paul Malgoire suit cet abandon, doux et libre dans des circonvolutions de notes, des temps arrêtés. La métrique habituelle de la musique baroque laisse place à des suspensions, des fontes et des spirales. De Lully, Vivaldi, Charpentier ou Purcell, la musique de "Songes" a saisi les mesures sombres : tantôt des envolées tempétueuses et parfois d’inquiétantes voix sépulcrales.
Jusque dans les costumes de Dominique Fabrège, ces fontes, façon Dali, sont reprises par des mouvements descendants, parfois d’une extrême lenteur rappelant celles du butô, d’autres fois lors de courses circulaires se terminant sur le sol, qui d’ailleurs tient lieu de ciel.
La perception est déroutée, démultipliée par une machinerie de grands miroirs sur la scène et au-dessus. Le ciel est projeté, façon Magritte, sur ces dfférents cadres que les danseurs traversent en faisant se refléter leur dos, leurs bras et jambes et donnant à voir parfois des hydres et autres créatures mythologiques.
Surréaliste
Si Béatrice Massin signe la conception et la chorégraphie, la création et l’interprétation appartiennent aux 9 danseurs de la compagnie. L’écriture a été libre et automatique. Interprètes baroques hors pairs, ils ont chacun puisé dans leur vocabulaire contemporain pour tricoter les ports de bras, lâcher du leste au sol, et bousculer la verticalité ontologique du baroque par des chutes de torses ou des inclinaisons.
"Songe questionne la verticale du corps baroque et tout ce qui frémit autour d’elle en la rendant parfois, comme dans un cauchemar, menaçante", résume la chorégraphe. Troublante et à la fois sublime, la gestuelle d’Olivier Collin se perd à la fin dans un fondu au noir, vers l’existence, au-delà de la représentation, d’une créature insaisissable.
Le public sort alors de ce rêve étonnant, fresque intemporelle et discontinue, dont l’interprétation augure, et c’est le but poursuivi par la compagnie, d’une recherche sans limites sur la contemporanéité du baroque.
Dates de tournées :
1er décembre 2009 : Théâtre des quatre saisons - Bordeaux - Gradignan (33)
4 décembre 2009 : Le Parvis, Scène nationale de Tarbes - Tarbes (65)
Du 21 au 30 janvier 2010 : Théâtre National de Chaillot - Paris (75)
7 représentations tout public : 21, 22, 24, 26, 27, 28 et 29 janvier
2 représentations jeune public : 28 et 29 janvier
1 représentation familiale le 23 janvier
Bal masqué le 30 janvier
Du 9 au 20 février 2010 : Scène nationale de Sénart - Combs la Ville (77)
2 mars 2009 : La Passerelle, Scène nationale de Gap - Gap (04)
8 avril : Le Cratère, Scène nationale d’Alès - Alès (30)
18 mai : La Piscine - Châtenay-Malabry (92)
Plus d’infos sur le site des Fêtes Galantes : http://www.fetes-galantes.com
Conception et chorégraphie :
Béatrice Massin
Direction musicale :
Jean-Claude Malgoire
Musique :
Jean-Baptiste Lully, Extraits d’Armide
Antonio Vivaldi, La Notte
Marc-Antoine Charpentier, Extraits de Médée
Henry Purcell, Extraits de King Arthur & de Fairy Queen
Enregistrement réalisé par La Grande Ecurie et la Chambre du Roy dirigé par Jean-Claude Malgoire
Créé et interprété par les danseurs de Fêtes galantes :
Céline Angibaud, Bruno Benne, David Berring, Laura Brembilla, Olivier Collin, Laurent Crespon, Julien Follio-Villatte, Adeline Lerme, Edouard Pelleray.
Musiciens :
Instrumentistes : La Grande Ecurie et la Chambre du Roy
Chanteurs : Céline Soudain (soprano), Vanessa Fodil (mezzo), Cédric Lotterie (ténor), Philippe Cantor (baryton)
Lumière et scénographie :
Rémi Nicolas
Costumes :
Dominique Fabrègue, assistée d’Annabelle Locks et de Clémentine Monsaingeon
Décor :
Philippe Meynard et Michel Tardif
Régie :
Régie générale : Evelyne Rubert