mardi 12 avril 2011,
par
Faut se les fader tous ces théâtreux qui gâtent tout ce qu’ils touchent, qui accaparent tous les créneaux, occupent tous les tréteaux, trustent tous les festivals. Ici et là, à Avignon comme à Paris. Au 104 comme aux Abbesses…
On nous annonçait du fado, que fait-on ? On s’y rend, bien sûr ! Et qu’y voit-on ? Un prologue vidéo multi-écranique plombant l’accueil, avec ce faux 4 X 4 fadasse, accompagné d’un marmonnement morne et chuintant, d’une lamentation, d’une confession de l’Artiste, probablement, autrement dit du metteur en scène Ricardo Pais.
Des chansons, il faut reconnaître ce qui est, excellemment interprétées par la voix grave et puissante de Raquel Tavares, elle-même soutenue par des musicos tout ce qu’il y a de plus corrects, le tout dans le mainstream d’un art parfaitement codifié au siècle dernier. Mais… Car il y a un mais…
Mais, malheureusement, qu’on le veuille ou non, tout cela est saccagé illico presto par un monologue dit sur un ton infantile, au contenu insignifiant, débité à tout berzingue par un personnage des plus cabotins qui soient. Avec, en plus, ces apparences grinçantes, ces dehors ricanants, ces airs se voulant poétiques, que le gourou s’est cru obligé d’exiger de sa comédienne.
Une déco tout à fait correcte, qui suffisait amplement, camouflée par des surimpressions filmiques en veux-tu en voilà, en somme obscurcie par un trop-plein lumineux, une imagerie lourdement symbolique, par-dessus le marché – un compteur, des vagues, des personnages en très gros plans, etc.
On a donc été obligé de déguerpir fissa par la sortie de secours la plus proche et on a, a posteriori, comme toujours, jeté un coup d’œil sur la feuille de route qui retranscrivait un entretien avec l’auteur. Ce programme pas assez alarmant pour les spectateurs, pas du tout critique, et en tout cas pas relu, se bornait à donner les propos du maestro pour argent comptant. Ses formulations approximatives – les « corps parlant » et autres « grands classiques universaux » – ne nous ont pas réjoui plus que cela.
Mais est-ce donc si difficile de faire simple ?
Photo : Nicolas Villodre