Myriam Gourfink
dimanche 25 janvier 2009,
par
Le public n’est pas encore installé qu’un bain strident envahit la salle du Centre Georges Pompidou. Les danseuses figées jusque-là sous une pluie d’écrans plats se meuvent imperceptiblement. Elles sont disposées telles des mannequins en vitrine sous une lumière blafarde. Les poses suspendues changent, se déplacent avec une lenteur extrême.
Seuls leur clignement d’yeux vers les écrans trahissent leur humanité. On devine à voir Myriam Gourfink attablée à l’ordinateur, qu’elle transmet des instructions sur les écrans.
"Mon travail est axé sur l’écriture même de la chorégraphie - écriture qui implique la création de signes spéciaux servant à composer la danse en amont des répétitions avec les danseurs - et sur l’intégration, dans cette écriture, de dispositifs (informatisés), de perturbation et re-génération de la composition préécrite en temps réel. Le but de cette recherche est d’inviter l’interprète à co-créer une partition ouverte."
La chorégraphe triture ses poupées , les déplace, les regroupe, les genoux mis en dedans, les bras en extension, les doigts en éventail. Désarticulées, elles prennent naissance dans un univers numérique et primitif à la fois.
Le hautbois et les violons de l’ensemble de l’IRCAM sont distordus et réverbérés. Les temps tiraillés, la fascination dure tout le spectacle.
Lorsque les écran n’affichent plus qu’une page blanche, les danseuses retrouvent une position neutre et disparaissent en coulisse. Le public applaudit une scène déserte. Seules des traces vidéo sur les murs bougent encore.
chorégraphie : Myriam Gourfink
musique : Georg Friedrich Haas
basson : Pascal Gallois
altos : Garth Knox, Geneviève Strosser
danseuses : Clémence Coconnier, Céline Debyser, Carole Garriga, Déborah Lary, Julie Salgues, Cindy Van Acker, Véronique Weil
réalisation informatique musicale Ircam : Robin Meier
costumes : Kova
vidéaste : Anne Delrieu
lumière et dispositif scénique : Zakariyya Cammoun
En ligne : Le dossier pédagogique du centre Georges Pompidou : "Arts de la scène et nouvelles technologies, Myriam Gourfink, Les temps tiraillés, janvier 2009".